Le temps qui court
10 septembre 2009Entendu dans la salle de pause, aujourd’hui :
- Comment ? Il est déjà 11h30 ! Quand je n’ai pas mes lunettes, je ne vois pas le temps passer.
- !?!…
Entendu dans la salle de pause, aujourd’hui :
- Comment ? Il est déjà 11h30 ! Quand je n’ai pas mes lunettes, je ne vois pas le temps passer.
- !?!…
Il me plaît de penser que c’est peut-être moi qui ai reçu l’applaudissement le plus enthousiaste : cela flatte mon ego.
On pourra me qualifier de prétentieuse mais, une fois n’est pas coutume, je suis fière de ma prestation, d’autant plus qu’elle a suscité les compliments de personnes que j’admire.
C’est rassurant, de temps en temps de voir son travail couronné de succès.
Aussi vite, cela frôle l’indécence ! La place a eu à peine le temps de refroidir, le fauteuil porte encore des marques de présence que déjà, quelqu’un d’autre s’y installe, balayant tout d’un revers de manche.
Le monde est vraiment impitoyable avec les âmes sensibles. Il n’est fait aucun cas de sentiments tels que le besoin de respecter une période de deuil, si courte soit-elle.
Une chaise vacante, c’est triste, certes, mais cela laisse libre court au souvenir. Une place si vite comblée, c’est la perte d’un espoir, la condamnation de toutes les issues, la certitude que rien ne sera plus jamais comme avant.
C’est douloureusement définitif.
Tant que je pense à ça, je ne pense pas à autre chose.
Et inversement.
L’inspiration ne peut pas être au rendez-vous tous les jours…
Tout est allé tellement vite…
J’aurais voulu que cela se passe autrement. J’aurais voulu dire quelque chose. Il y aurait tant à dire mais je n’ai pas eu le temps. Juste quelques mots de conclusion pour dire que c’est mieux ainsi et qu’il ne sert à rien de s’en vouloir, mais je n’ai pas pu. Le temps de chercher par où commencer et c’était trop tard.
Pour tout échange, il n’y a eu que ces regards froids, ces visages sans émotion, ces corps crispés, ces esprits concentrés sur ce qui devait être fait, ces gestes mécaniques, puis la fuite… La fuite, une fois de plus.
Qu’y avait-il à craindre ? Je ne sais. Qu’y avait-il à attendre ? Rien sans doute. Tout avait déjà été dit par ces portes claquées.
C’est juste triste d’en arriver là.
Ne pas réussir à communiquer à ce point est juste affreusement triste.